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marie louise von franz
Marie-Louise, à sa table de travail dans sa tour de Bollingen, proche de celle de Carl-Gustav Jung, au bord du lac de Zürich.


autour de Marie Louise von Franz

Qui est Marie-Louise von Franz ?
Une proche collaboratrice de C.G. Jung… La psychanalyste des contes de fées… Une grande enseignante…
Elle fut tout cela.
Elle ne fut pas que cela.

Marie Louise fut une grande exploratrice
Son talent de thérapeute a exploré de façon singulière la psyché humaine ;
Son approche de l’alchimie a sondé l’âme du monde ;
L’universalité de sa pensée a embrassé la dimension cosmique.

Elle demeure une exploratrice :
Une source, une ressource pour ceux qui sont en quête de « réenchantement du monde».

Marie Louise fut une grande créatrice
Son esprit original, son immense culture, ont créé une œuvre féconde.
Elle demeure une créatrice :
Son œuvre, nourrit notre propre créativité.
Marie Louise fut une grande inspiratrice
Une « éveilleuse » quant à l’enseignement des rêves, la richesse des contes, des mythes, du symbolisme alchimique, des nouveaux paradigmes scientifiques.
Elle demeure une inspiratrice :
Elle appartient à la longue lignée de ceux qui offrent une ouverture sur le monde intérieur pour mieux agir, en conscience.

Quelques dates-clés
Intellectuelle au grand cœur, Marie-Louise a vécu une intense intériorité. Quelques grandes étapes nous permettent pourtant de mieux la suivre, sur son chemin.
Elle naît en janvier 1915, d’une lignée autrichienne mais, en 1918, sa famille arrive en Suisse qui sera désormais son pays.
1933 décide de son existence : à 17 ans, elle rencontre Carl Gustav Jung dont elle deviendra la patiente, l’élève, et enfin l’une des plus proches collaboratrices, dans une fidélité qui ne se démentira jamais.
1950 et ses 35 ans marquent le tournant professionnel majeur. Elle commence sa carrière d’ analyste jungienne et quitte son poste d’enseignante. Elle continue pourtant à transmettre, dans le cadre du centre C.G. Jung de Küsnacht.
1961 et la mort de Jung la font entrer dans une époque où elle continue l’œuvre de Jung,  à la demande de celui.
En 1984, la maladie de Parkinson la touche et l’emporte en 1998.  Elle vit cette épreuve héroïquement, en toute  clarté d’esprit, comme un ultime moment de son processus d’individuation. 

Lieu de mémoire
Sur les pas de Marie Louise …- Jean Pierre Robert

Bollingen, Küsnacht, Zürich … des lieux qui m’étaient devenus familiers au fil des ans, au fil des lectures. Petit à petit l’idée prit forme, celle de me rendre en Suisse, de découvrir cette « micro région » autour du lac de Zürich : c’est à cet endroit qu’un petit groupe de personnes, rassemblé autour de Jung, a, tout au long du XXe siècle, balisé les sentiers de l’âme et parmi elles l’incontournable Marie Louise von Franz.

lac_zurich_a_bollingen.jpg Je reprenais des notes de lecture (principalement puisées dans le livre « Jung » de Barbara Hannah), visionnais des films (Marie Louise à Bollingen 1982, « Matter of Heart 1983) et moissonnais le web à la recherche de renseignements pratiques, de points de repère, de cartes. Ne parlant pas allemand, ces informations facilitèrent grandement mon voyage et me permirent de le vivre « de l’intérieur ». C’est ainsi qu’à la mi-mai 2004, j’arpentais les routes, chemins et sentiers sur les pas de Marie Louise …

Tôt le matin, je me suis rendu à Bollingen, sous un soleil sans faille, découvrant au loin les Alpes aux sommets encore enneigés. Bollingen est un petit village – qui regroupe une centaine de familles -, rattaché à la commune de Jona et situé sur la rive droite du lac de Zurich, à environ 40 km de cette ville. La Tour édifiée par C.G Jung à partir de 1922, bien qu’isolée, tapie au pied du lac et cachée par un épais rideau d’arbres, a donné à Bollingen toute sa notoriété.

La tour de Marie louise von FranzMarie Louise chercha pendant plusieurs années un lieu où elle pourrait vivre dans la nature et c’est à l’automne de 1957 que son vœu s’exauça. Elle finit par trouver un terrain disponible - selon des indications du fils de Jung - sur les hauteurs de Bollingen, à environ 1500 mètres à vol d’oiseau de la Tour de Jung. Dès son premier contact elle eut le sentiment qu’elle pourrait y vivre en harmonie, aussi le jour même elle demanda à Jung de l’accompagner pour recueillir son avis. Celui-ci se montra très enthousiaste et ajouta « mais vous n’allez pas bâtir une de ces stupides maisons de vacances en verre et en béton, vous devez aussi vous bâtir une tour ». C’est ainsi qu’en 1958 Marie Louise construisit une tour carrée alors que celle de Jung est ronde.

La Tour de Marie Louise se trouve en lisière de forêt au lieu dit Moos. A l’arrière de la maison, à droite de l’accès, un petit étang est entouré d’une végétation luxuriante. La Tour, implantée sur la partie haute du terrain, s’ouvre vers le sud. Devant elle s’étend une vaste prairie dominée par des sommets alpins ; en contrebas on devine le lac, en grande partie caché par un épais feuillage.

Etang proche de la tour de Marie Louise von FranzCette tour carrée, comprenant un étage et des combles sous toiture, est facilement reconnaissable, avec ses volets « zébrés » aux couleurs jaune et marine. Cette maison, à la fois en retrait et proche du village, n’est pas reliée au réseau électrique : ici la « civilisation » est tenue à distance. Dans cet ermitage Marie Louise a pu se recueillir, se livrer à des tâches simples (couper son bois, cuisiner …) et rédiger la plupart de ses ouvrages.

Assis sur un banc, installé devant une table en pierre, à quelques mètres de la tour, j’ai longuement pensé à elle, à son immense contribution. J’ai quitté ce havre de paix et me suis dirigé vers Küsnacht, ville située sur la même rive du lac, à 30 km environ, près de Zurich. 

Maison de Marie Louise von Franz à KuesnachtTout comme Jung, Marie Louise passa une grande partie de sa vie à Küsnacht où elle vécut aux cotés de Barbara Hannah.

Sa maison, au 15 lindenbergstrasse, habitée aujourd’hui par l’un de ses élèves, est également le siège de la Fondation pour la Psychologie Jungienne (Stiftung Für Jung’sche Psychologie) créée en 1974 à son initiative et celle de trois de ses élèves.

A Küsnacht l’on peut apercevoir la maison de Jung, au 228 Seestrasse, ainsi que l’Institut Jung, au 28 Hornweg. Marie Louise y donna de nombreux cours. Elle se rendit fréquemment à la ville voisine de Zürich (environ 10 km où se trouve depuis 1916 le Club Psychologique de Zürich ; il occupe un immeuble cossu au 27 Gemeindestrasse. Le livre « Jung » de Barbara Hannah regorge de détails qui dépeignent la vie très animée de ce Club et de l’Institut.

Sépulture de Marie Louise von Franz et Barbara Hannah à BollingenUne lanterne et un petit bassin, à l’image de sa tour de Bollingen, accompagnent la stèle du cimetière de Küsnacht où Marie Louise a été inhumée aux côtés de Barbara Hannah. A quelques mètres de là repose C.G. Jung et une partie sa famille.

Marie Louise a souvent rêvé « d’une tour de l’au delà », située sur l’autre rive du lac. De ce lieu, elle veille aujourd’hui sur l’action des femmes et des hommes qui s’inscrivent dans la continuité de son œuvre. C’est dans ce terreau que notre association puise ses racines.

© autour de marie louise von franz 2008